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Depuis 2006 une série de crises politiques et sociales, de périodes d’accalmie et de rebondissements se succèdent en Guinée. Ces soubresauts de paix et de crises sont intimement liés aux systèmes de gouvernements militaro-civils qui ont dirigé le pays depuis son indépendance de 1958.

Les conséquences se font jour à mesure que les dictateurs-présidents laissent la place les uns aux autres et en fonction de la succession des pouvoirs. De Sékou Touré avec son régime tyrannique à Lansana Conté le président-paysan en passant par Moussa Dadis Camara, l’enfant agité de Koulé, et Sékouba Konaté, l’eau froide qui cuit des pierres, la Guinée va de mal en pis.

Ce n’est pas l’élection d’un président de la République en 2010 qui semble arranger la situation du pays. Parachuté selon les uns, usurpateur d’urnes et de suffrages selon d’autres, le président actuel de la Guinée n’a jusqu’à présent pu prendre le taureau par les cornes. Il donne même l’impression qu’il fera pire que ses prédécesseurs. Et pour cause ?

Le président Alpha Condé qui s’auto-congratule du titre de « professeur-président », en mélangeant un titre académique et un statut politique, a commencé par où les autres ont terminé. A tel point que ses débuts rappellent la fin de leur règne. Il n’a même pas pu faire rêver le temps d’une nuit de coup d’Etat sur le cadavre bien froid du président renversé comme les 3-4avril 1984, 22-23 décembre 2008. Ou bien le temps d’une signature à l’image du 15 janvier 2010 pour les accords d’Ouaga.

Alpha Condé a très vite montré ses limites de président à travers son gouvernement ethnocentrique et pléthorique. Par ce premier pas, les Guinéens ont compris qu’ils iraient de désillusion en désillusion avec « leur nouvel élu ».

Les manifestations spontanées des populations et les événements tragiques de ces derniers jours qui secouent le pays, en sont la parfaite illustration. En effet, il n’y a plus un jour ou une semaine qu’une crise n’éclate en Guinée. De Fria à Conakry, de N’Zérékoré à Siguiri, c’est le même bouillonnement social. Et le couvercle commence à sauter comme ce fut le cas dans les années 2006-2010.

Ces dernières semaines, la quasi-totalité des communes de Conakry a connu des soulèvements populaires pour protester contre le manque d’eau et d’électricité. Ponctués de prise d’otages de chefs de quartiers, ils montrent à quel point le fossé s’est creusé entre l’autorité et les citoyens. Certains chefs de quartier, arbitrairement nommés par le pouvoir RPG-Arc-en-ciel, payent aujourd’hui le prix de l’impopularité du pouvoir qui n’a pas tenu ses promesses électorales.

Malheureusement, les protestations contre l’obscurité et le manque d’eau ne signifient pas grand-chose face aux événements tragiques de Zogota et de Siguiri.

Encore Siguiri où cette fois-ci nul ne saurait accuser les résidents originaires de la Moyenne Guinée de trouble à l’ordre public pour justifier la répression. Une répression sauvage contre les anciens partisans du président guinéen qui sont en passe de devenir ses nouveaux ennemis. Pourtant, ce sont de simples orpailleurs qui n’ont fait que demander l’équité dans la répartition de l’occupation et de la production des richesses de leur sous-sol. Pour ce faire, ils ont revendiqué de manière pacifique la fin de la mainmise des sociétés étrangères sur les mines qui constituent leur principale source de revenu. Ils essuient de l’autorité locale une fin de non-recevoir. Il s’ensuit une répression violente et inappropriée qui se serait soldée par un mort et plusieurs blessés.

Mais, c’est le 4 août 2012 à Zogota, que le système Alpha-RPG-Arc-en-ciel s’est le plus dévoilé. De paisibles habitants de ce village de la Guinée Forestière soumettent à l’autorité leur souhait de voir leurs enfants recrutés par la société minière Vale. Pire qu’à Siguiri, une violence inouïe s’abat sur les villages protestataires et fait près d’une dizaine de morts et de blessés, et des dégâts matériels considérables. Selon certaines organisations non gouvernementales (ONG) ces actes criminels relèvent de crimes contre l’humanité. Que fait le pouvoir guinéen face à ces multiples tragédies ?

Dans sa tentative de résolution de ces actes graves et inhumains de Zogota, le gouvernement dépêche une mission dont le chef est originaire de la région forestière. En l’occurrence, le ministre des Affaires étrangères. Face à l’échec de cette première mission, c’est Claude Pivi, ministre de la Sécurité présidentielle, et Michel Kamano, président de la Commission économique et sociale, également de la Forêt, qui sont envoyés en rescousse.

Pourtant les violences commises à Zogota concernent toute la nation. Si elles mettent localement en danger la paix sociale et fragilisent la cohabitation entre autochtones et sociétés étrangères, elles ne sont pas moins l’expression d’une crise de portée nationale. On reproduit le même scénario pour Siguiri en dépêchant des émissaires malinkés. Que pouvons-nous tirer d’une telle démarche ?

Au lieu de mettre en marche les leviers de la République en envoyant des personnalités sans aucune étiquette ethnique, le président Alpha Condé et son gouvernement se replient sur l’ethnie et le régionalisme. La politique du « c’est chez vous, ça vous regarde. C’est à vous de jouer. » est mise en avant au détriment du sentiment national. Cette erreur politique est révélatrice de la manière dont la Guinée est gouvernée depuis l’élection présidentielle de 2010.

Si au moins l’erreur se limitait là. Mais non ! Il a fallu attendre que le Conseil des sages demande des comptes pour que le président réagisse. Vraisemblablement, rien n’aurait été fait si les sages n’étaient pas montés au créneau. A cela s’ajoutent les menaces d’associations d’obédience forestière qui ont vu le jour à l’occasion de la tragédie.

Pire encore. C’est l’ancien premier ministre Jean Marie Doré qui, au nom de son appartenance ethnique, donc forestière, demande des comptes au gouvernement. Pourtant, il n’avait demandé ni enquête ni sanction au moment des massacres de Siguiri et de Kankan en 2010 dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle. Occupant le même poste, il n’en fit pas autrement dans les accusations d’empoisonnement des militants du RPG au Palais du peuple. A l’époque, ce sont les militants et sympathisants de l’Alliance des bâtisseurs, majoritairement de la Basse et Moyenne Guinée qui avaient été mis en cause. Dans ces conditions, où est la République ?

Ces méthodes d’approche montrent qu’en Guinée l’ethnie compte plus que la nation et la République. C’est elle qui régit la nation et non la constitution. C’est en son nom qu’on fait pression sur l’autorité. Du coup, les structures étatiques, les institutions républicaines et autres organisations reconnues : Communautés rurales de développement (CRD), sous-préfectures, préfectures, gouvernorats, partis politiques, etc. ne comptent plus. Dans ce cas, où est la République ?

Si ce sont les conseils de sages de telle ou telle localité et les coordinations régionales, plus régionalistes que républicaines dans leurs structures et leur composition, qui doivent taper du poing sur la table pour que le président agisse, où est la République ?

Où est la République si ce sont des septuagénaires (et au-delà) qui doivent faire fonctionner la nation en dehors de la constitution et des autres lois qui la régissent ? Le simple titre de « sage » et le critère de l’âge justifient-ils que l’on intime au président de la République de faire ceci ou cela ? Qu’on lui impose la nomination des filles et fils originaires de la région dont il se réclame ? Comme tel est le cas en Guinée, où est la République ?

Les mêmes critères justifieraient que des « sages » d’une certaine coordination régionale disent à celui qui occupe le fauteuil présidentiel au moment d’un scrutin: « Il n’est pas question que tu cèdes le pouvoir à quelqu’un qui n’est pas de notre ethnie ». Comme tel fut le cas dans l’entre-deux tours de la présidentielle de 2010, où est la République ?

Où est la République quand, face à la demande de démission par des partis politiques de l’opposition, du président de la Commission nationale indépendante (CENI), celui-ci déclare pour toute défense : « On m’en veut à cause de mon ethnie ? »

Envoyer des personnalités de la Basse Guinée, de la Moyenne Guinée, de la Guinée Forestière, de la Haute Guinée, régler des conflits qui relèvent du domaine de l’Etat dans ces régions au simple motif de l’appartenance ethnique, est anticonstitutionnel. Un tel acte affaiblit dangereusement la nation et risque de la tuer à long terme. Il heurte la sensibilité citoyenne et détruit le tissu social en exacerbant le communautarisme. Que deviendra alors la République ?

Vouloir soudoyer à coups de millions les autorités morales avec l’argument fallacieux de noix de kola traditionnelles au mépris des victimes et de leurs familles, relève de la corruption. Les pertes de vies humaines, la destruction des biens privés et publics et autres dégâts matériels ne peuvent se réparer par des espèces sonnantes et trébuchantes. Il aurait fallu un soutien moral et une indemnisation officielle à la hauteur des préjudices subis. Mais, comme tel n’est point le cas en Guinée, où sont la justice et la République ?

Les graves erreurs d’approche des questions d’ordre national par les autorités guinéennes sont symptomatiques de plusieurs choses. Elles sont aussi les conséquences d’une politique sectaire, utopiste et anachronique. Ayant fait de l’ethnocentrisme son mode de gouvernance, le président guinéen se retrouve aujourd’hui prisonnier d’un jeu dangereux. Avoir misé sur la division ethnique l’oblige à agir en équilibriste en essayant, dans un premier temps, de marginaliser une partie de la population. En l’occurrence les Peuls qu’il a lui-même taxés « d’ennemis », « de pilleurs », « d’étrangers », « d’ennemis du changement », etc.

Il a sûrement minimisé les conséquences de cette politique d’exclusion et l’effet boule de neige qui pouvait en découler. Aujourd’hui, c’est l’ensemble des Guinéens qui ont le sentiment qu’avec monsieur Alpha Condé, chaque ethnie aura son lot de malheurs et sa dose de répression.

Incontestablement, le président guinéen est bel et bien enferré dans l’ethnie. S’il ne devait pas changer de politique et de mode de gouvernance, espérons que l’accumulation d’erreurs dont il a fait preuve depuis près de 2 ans ne sera pas fatale à la nation.

Enfin, il est grand temps que la République et ses lois soient restaurées en Guinée. Il est urgent que la gérontocratie politico-ethnique qui a été instaurée, il faut le reconnaître, avant Alpha Condé, mais qu’il entretient et manipule à dessein (si ce n’est l’inverse), cède la place à un système politique réellement démocratique et républicain. Mais, avant que cela n’arrive, les vautours du pouvoir, jeunes, vieux et même grabataires, n’auront-ils pas raison « de leur N’Koro et professeur président » ?

Paix et Miséricorde pour toutes les victimes guinéennes. Celles de Zogota et d’ailleurs !

Lamarana Petty Diallo

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